Le prix gerflor, déplacé exceptionnellement de Tarare à St romain de popey, est pour moi la première course de l'année. J'avais vraiment hâte d'épingler un dossard sur mon maillot : ça me manquait de courir !
A l'appel des coureurs, je me place tout à l'arrière du peloton. C'est une grossière erreur : je ne reverrai jamais la tête de course, surtout sur un peloton de 140 coureurs de 3ème catégorie ! Cette erreur de placement est courante chez moi, et je me demande encore pourquoi je la fais ... comme le dis si bien David, je dois être têtu.
Dès le signal de départ, je grappille des places mais c'est vraiment dur car ça roule très vite ! Dans la descente, je me méfie des trous et des graviers ce qui fait que je reperds quelques places que je venais de gagner si durement.
Au premier passage de la bosse, ça monte très vite. Je regarde mon compteur en haut juste après avoir coupé mon effort : il m'indique une vitesse de 42km/h ... je regarde alors mes dérailleurs : je viens de monter en 52x14 ! Je ne pensais pas qu'une telle chose était humainement possible !
La côte commence, je me fais piéger par des coureurs qui explosent dès le pied : je réagis très rapidement car je sais que chaque mètre de retard va se payer très cher ! Je m'arrache vraiment et remonte une vingtaine de coureurs, mais le trou est déjà fait !
Je donne tout, car je sais que si je ne bascule pas en haut avec un autre groupe, je ne reverrai jamais le peloton ! Je réussis à intégrer un groupe de 10 coureurs, placé 100m derrière la queue du peloton. Je les remonte tout de suite, sans me reposer dans les roues, et viens prendre un gros relais afin de rentrer sur le peloton. Nous sommes 3 à tenter de faire le forcing, les autres se contentent de suivre !
On réussit tant bien que mal à stabiliser l'écart à 200m derrière le peloton pendant 1 tour, mais à trois contre tout un peloton la lutte est vraiment inégale !
En haut de la côte, au début du 3ème tour, le peloton file sans nous : nous sommes vaincus ! J'enrage de m'être fait piéger comme un débutant, et éprouve le besoin de souffler après 3 tours à fond !
On récupère petit à petit des lâchés du peloton, puis un gros groupe d'une quinzaine de coureurs. On forme ainsi un second peloton d'une trentaine d'unités, le peloton principal comportant encore 70 à 80 coureurs.
Je me place au milieu de ce groupe, faisant attention à ne pas rester dernier : à chaque montée on perds des unités. Un train se met en place, je ne me sens pas trop mal et regrette vraiment de ne pas m'être mieux placé au départ !
Au 8ème tour, je décide de manger une barre afin d'éviter la fringale : à mi course sur une épreuve longue (pour moi), c'est important de manger ! (hein Julien ...)
Au cours de la montée du 10ème tour, je commence d'un coup à ressentir des douleurs dans les jambes : je souffre pour rester dans les roues, je tire la langue, mais me bats en me disant que le vélo n'est pas facile et qu'il faut se faire mal pour progresser. Je me fais tout de même décrocher dans la 11ème montée, puis reviens au courage sur la partie plate. Bon sang, que c'est dur !
Je sens le souffle du peloton derrière moi, je vais me faire prendre un tour ce qui me plombe le moral. Je m'accroche néanmoins dans les roues tout un tour, avant de céder au cours de la 12ème montée de la côte ! A 4 tours de l'arrivée je cède complètement.
Les commissaires me demandent, étant donné que je viens de me faire prendre un tour par le peloton, d'arrêter la course. Ma première course de l'année s'arrête donc de cette manière. Sur le coup, je regrette de devoir m'arrêter et aurai bien voulu terminer "pour l'honneur", mais je suis cuit et ai livré beaucoup de forces dans la bataille !
Au final, je suis content car j'ai tout de même livré une belle course et ai tenu près de 60km avant de craquer ... soit la distance "normale" des courses de ma catégorie !
Alain termine 7ème, Julien termine aux alentours de la 30ème place une minute derrière le peloton, après avoir craqué dans le dernier tour, Fabrice Copetti est lui aussi stoppé par les commissaires après avoir été repris par le peloton. |